Le blog de HP

Au fil de mes paysages mentaux

vendredi 26 août 2011

Le quatuor de Reims

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C'était il n'y a guère, c'était il y a douze jours, c'était le 12 août.
C'est déja loin...
La fièvre valseuse de cartes bleues aimantant deux amies vers Reims, je profite de l'escapade pour flâner dans la cité où furent intronisés la plupart de nos rois.
Rheims la glorieuse, la ville martyre, fertile en symboles et chargée de fastes et de tragédies ; il y avait longtemps que je ne m'y étais rendu, mais, et ce n'est pas très original me direz-vous, c'est le fameux sourire de l'Ange qui tel un fanal mémoriel semblait me conduire vers les retrouvailles.
Quatre heures à Reims, quatre lieux visités, une errance comme je les aime, seul, et donc dans un état propice à l'instauration du dialogue entre la ville et moi. 

L'église Saint Jacques

Flanquée des maisons sur lesquelles elle s'aligne la façade plate de l'église se distingue par son dépouillement, Si ce n'était leur parfait état, les trois statues qui l'ornent n'auraient rien d'une réfection ; la construction, de bas en haut s'étale entre le début du treizième siècle et le quatorzième, ainsi que l'ensemble de l'édifice à quelques détails près.
Franchi le porche, la nef présente cinq premières travées bâties vers 1200 remarquables par l'alternance de piles carrées et de colonnes jumelées qui témoignent encore de l'esprit de l'Antiquité.
Les bas-côtés sont également antérieurs à la cathédrale Notre Dame.
Ce billet n'ayant  d'autre ambition que de traduire la sensibilité d'un regard, ne vous attendez donc pas à une approche monographique des lieux visités, pour celà de nombreux guides touristiques et ouvrages d'Histoire de l'Art ne manquent pas.
Concernant cet intéressant lieu de culte je vous invite à attarder vôtre regard sur certains chapiteaux traités en feuillages au naturel si caractéristiques de ce beau Moyen-Âge classique que nous retrouverons dans la cathédrale.
Le chevet entièrement remanié au seizième siècle louvoie avec grâce entre un style gothique flamboyant pour les remplages des baies et la grammaire Renaissance pour les caissons des arcs en plein cintre des arcades, et ceci pour le plus grand boheur de l'oeil. Les vitraux sont tous de facture moderne.
Il se dégage de cette église ouverte sur la rue une atmosphère de paisible félicité quasiment familiale, les lumières y sont douces et parfaites les proportions qui modilent des espaces à l'échelle humaine.
  

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Le musée des Beaux-Arts

Les collections occupent les anciens bâtiments de l'abbaye Saint Denis, l'accès se fait par un magnifique porche aux belles grilles de ferronerie, la cour cependant ne paraît guère entretenue mais une campagne de rénovation est en cours qui a pour conséquence la fermeture des salles consacrées au dix-neuvième siècle.
Cette fermeture à laquelle s'ajoute celle des salles du dixhuitième siècle (eh bien oui, je manquerai le délicieux Marat baignant dans sa  décoction si peu ragoûtante immortalisé par David) ainsi que la faible extension de l'espace du XXe siècle font que je pourrai consacrer ma visite aux seules collections des seizième et dix-septième siècles ; ennemi du stakhanovisme induit par les marathons "culturels" la situation me convient parfaitement.
Le vestibule et la cage d'escalier donnent le ton de ce que sera l'ensemble de ce musée une fois les réaménagements achevés, à savoir le parti-pris d'une mise en scène muséale cohérente, élégante et parfaitement lisible.
De grandes compositions religieuses du dix-septième siècle renvoient déja au passé la pose complaisante et ambigüe de certain joueur de billes afin d'aborder la belle et immense galerie des peintres de la Renaissance et de l'époque classique.

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Cet espace est un pur délice pour les sens et pour l'esprit, il n'y a pas pléthore de peintures mais toutes sont d'un niveau exceptionnel, je ne dresserai pas bien sûr un catalogue et bien des oeuvres seront passées ici sous silence ; pour arbitraire que soit le choix présenté, je voudrais qu'il témoigne de la richesse de ce musée.
Des portraits des Cranach dessinés sur vélin au pinceau sont certainement des études préalables à l'exécution de grands tableaux ; ils nous transmettent les traits des personnages de la cour de Poméranie et de celle de Saxe au temps de la Réforme, compte tenu de leur fragilité, ils ne sont présentés que tour à tour et deux par deux.
Un anonyme rémois du dix-septième siècle, eût-il une prémonition des destructions qu'allaient causer les pilonnages de la Grande Guerre qui eût l'étrange idée pour l'époque de représenter un édifice religieux en ruines ?
L'étrange "sacrifice d'Abraham" de Laurent de la Hyre est stupéfiant par l'audace de sa composition où l'action se condense sur la partie gauche de la toile, ménageant un vide métaphysique sur le tiers droit de la surface ; à l'abandon résigné du sacrifié répond un air étrangement contrarié de son victimaire de père alors que l'Ange l'arrête dans son élan meurtrier ; les desseins de Dieu ne semblent pas aller de soi, même pour les héros de la Bible.

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Baldassare Franceschini enveloppe d'une douce piété et d'une voluptueuse pitié le geste de Sainte Irène soignant le très éphébique Saint Sébastien dont les souffrances ne sont pas allées jusqu'à l'empêcher d'alanguir son corps supplicié dans un abandon très étudié.
Beaucoup plus près de la vérité le portrait collectif des sept enfants enfants Habert de Montfort immortalisés par le pinceau de Philippe de Champaigne sont une véritable étude psychologique des expressions de l'enfance, les aînés posent déja avantageusment pour les garçons et malicieusement pour les jeunes demoiselles, la précision des détails comme le tablier d'organdi plissé et empesé arboré par la figure centrale ne nuisent cependant aucunement à l'impression d'ensemble.
Et enfin on ne peut que rester stupéfait devant les chefs d'oeuvre des frères Le Nain, il est impossible de dire l'émotion qui saisit le spectateur devant la magnifique figuration de la "Vénus dans la forge de Vulcain"  et de cette famille de paysans qui, bien que plus connue qu'un clair de lune, ne sombre pas dans l'archétype ou le poncif contrairement à une certaine Joconde.

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Un grand tableau de chasse me saisit, avant de quitter les lieux, d'effroi ; la figure principale est une hure de sanglier abattu, la plaie du poitrail par laquelle s'est échappée une vie bée de toute sa malfaisance fatale et le groin se tord dans un rictus de douleur tellement intense que les larmes montent au yeux, oui, pour un animal sauvage et pas des plus gracieux dit-on.
La souffrance et la mort n'ont pas de frontières et le drame est immense et incompréhensible dans tous les cas, de cela cette toile en témoigne avec conviction.

La cathédrale Notre Dame

Parties refaites et d'autres à refaire, pans restaurés et implacablement propres ou zones érodées et grises, la façade de la cathédrale se présente comme un vêtement d'Arlequin.
L'émotion n'est pas d'emblée au rendez-vous, les yeux doivent peu à peu oulier l'impression d'ensemble et se perdre dans les détails pour que peu à peu le temple indissociable de notre histoire vous instille, malgré les mutilations et ses réfections "trop neuves", et par touches successives, sa grandeur souveraine ; la charge symbolique n'est pas abolie.
La singulière orientation du chevet vers le solstice d'été et non pas vers l'est sont une des particularités de l'édifice qui vit à la fin du cinquième siècle le baptême de Clovis. Construite sur des basiliques antérieures des cinquième et neuvième siècles, la cathédrale consacrée à la Mère de Christ présente une façade où se lisent les différentes évolutions de l'art dit gothique entre l'an 1211 où furent lancés les travaux et le quinzième siècle pour l'édification des tours. Le tout reste d'une cohérence parfaite.
Une scène de bergerie, sous la galerie des Rois, montre avec sincérité les parties refaites après la guerre et celles restées érodées par l'action des siècles.
Flambant neuf au-dessus d'une gargouille, un musicien fige sa musique en un geste sans début et sans fin, comme un accord des âges pour préserver éternellement les messages divins.

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L'intérieur de l'édifice témoigne aussi des splendeurs préservées et de celles recomposées ; la rose du transept nord, de par l'élégance de ses remplages et l'harmonie céleste de ses couleurs, transforme la lumière en cantique ; on déplore que le dix-huitième siècle sacrifiât les vitraux des collatéraux au bénéfice d'insipides grisailles afin de faciliter la lecture des missels des dévots ; quelques grisailles des parties hautes sont, elles, du treizième siècle, et sont tout simplement admirables, diaprant d'opale et nimbant de pierre de lune les grandes verrières.
La face interne de la façade témoigne de l'ampleur des réfections après les destructions de la guerre, pour témoin juxtaposez la précision des personnages habitant les multiples niches étagées en de nombreux registres de la photographie centrale à celles, restées en l'état, du document de droite.

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Et qu'il est heureux de laisser à loisir ses yeux se promener au hasard des pas dans l'édifice.
Les chapiteaux de feuillages au naturel atteignent un degré de perfection qui fait de cet art classique ogival un manifeste universel d'élégance et de maîtrise totale de la sculpture.
Doucement caressé par une lumière difuse qui s'immisce discrètement dans la pénombre, le visage de cette Madonne probablement du dix-huitième siècle, rayonne comme une prière d'abandon confiant, le Requiem de Fauré, cette paisible Dormition me vient spontanément en tête.
Un autre faisceau lumineux glorifie théâtralement le somptueux bouquet qui orne le maître-autel.

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Le Palais du Tau 

Fastueuse demeure de l'archevêque dès le Moyen-Âge le Palais du Tau doit son nom à son plan en forme de T, devenu musée l'édifice renferme les sculptures de la cathédrale déposées pour être ou non remplacées par des statues modernes en pierre ou, parfois, en pierre recomposée.
La salle dite des festins également qualifiée de salle du Tau était le siège du pouvoir seigneurial de l'archevêque où il rendait justice, en tant que vassal du Roi il lui devait gîte et couvert après la cérémonie du sacre, la salle couverte d'une charpente en nef est stupéfiante par ses dimensions et son admirable chemiée, l'espace a été restauré avec véracité entre 1950 et 1972, les tentures murales de la fin du quinzième siècle narrent la vie de Clovis, il suffit de s'attarder sur les détails pour se convaincre de la qualité de l'ouvrage.

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Les tapisseries sont d'ailleurs fort nombreuses dans les salles du Palais, pour la plupart  des quinzième, seizième et début du dix-septième siècles.
Ces deux pièces, illustrations de la Passion, de la fin du quinzième siècle m'ont semblé particulièrement dignes d'intérêt de par le raffinement de l'exécution et l'intensité dramatique bouleversante de retenue des figurations.
Dois-je encore dire ma prédilection pour la dimension spirituelle des productions de cette époque injustement vilipendée qu'est le Moyen-Âge ?

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Lesdites tentures leur tissant une toile de fond, les sculptures présentées n'en exaltent que mieux la précision de leurs volumes.
Venant de la fameuse galerie des Rois ce supposé Philippe Auguste, en majesté et au regard déterminé, incarne les vertus féodales.
L'observation de près de ces témoins de l'art de la taille nous renseigne sur la technique d'alors, de cette époque où le Temps prenait son temps, le ciseau était tenu obliquement par rapport à la surface caressée patiemment et non pas agressée par un burin perpendiculaire, cette manière donne des reliefs tout en nuances et des volumes suavement modelés.
Il sourd de cette Ève berçant maternellement le diable tentateur tant de séduction doucereuse que l'on peut parfaitement comprendre que le pauvre Adam baissât la garde et se soumette aux charmes fatals de la nouvelle Armide.
Au-dessus du grand escalier d'honneur le gâble du couronnement de Marie provenant du portail central de la cathédrale atteint l'apogée du clacissime harmonieux et tranquille de ce moment d'équilibre dans notre histoire. ,

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 Nous retrouvons la première Tentatrice de l'humanité, traitée cette fois avec naturalisme et entrain de partager sa pomme avec cette pomme d'Adam, sur un des éléments du jubé détruit au dix-huitième siècle pour faciliter le déroulement des processions.
Les scènes de la vie quotidienne sont traitées aussi avec réalisme mais sans que de l'accomplissement du travail se dégage une impression de peine ; laboureur et chevrier empreints de sérénité tranquille baignent dans un climat idyllique.

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Et la visite du palais, après être passé par les chapelle basse, s'achève par la salle dévolue aux régalia, le reliquaire de la Résurrection, tout comme la nef de Sainte Ursule voisine, témoignent de la vertigineuse virtuosité de l'orfèvrerie du quinzième siècle, le manteau du sacre de Charles X, dernier roi à bénéficier de la sainte onction en 1825 rappelle les somptuosités hiératiques de ce que fut cette cérémonie, on passe devant le reliquaire néo-clasique et sans esprit de ce qui reste de la Sainte Ampoule et une réplique de la couronne de Louis XV nous dit la fugacité des choses, ce qui fut un élémént fondateur de notre organisation sociale n'est plus, pour la plupart des Français, que le vestige étincelant de l'ère des despotes et de l'arbitraire.
Je m'abstiendrai de tout rapprochement avec les divers gouvernements de notre époque hautement civilisée et démocratique...

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Dans la rue une façade Art-Déco me gratifie d'un autre sourire de Reims.
L'heure du retour approche.

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Posté par Henri_Pierre à 08:04 - Commentaires [14] - Permalien [#]

Commentaires

    ville royale

    L'ange au sourire, ton frère ...

    Posté par Marie, vendredi 26 août 2011 à 09:56
  • Mais enfin, heureusement qu'il n'y a pas que l'originalité qui compte... Certaines beautés valent la peine d'être re et revues moultes fois, avec toujours un oeil nouveau, ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre. (tiens, toi, par exemple, tu te regardes tous les jours dans un miroir non ? (lol).

    Posté par mitcha, vendredi 26 août 2011 à 10:05
  • En vérité, notre musée des Beaux-Arts qui est le plus beau musée de Reims est d'une richesse exceptionnelle, quoiqu'une bonne partie de ce qu'il possède s'entassât dans les réserves, faute de place. C'est la raison pour laquelle il est prévu de le déménager dans un bâtiment tout neuf, près des Halles en cours de rénovation.
    La basilique et le musée St-Remi valent aussi le détour quoiqu'un guide ne serait pas du luxe à St-Remi, même pour les profs d'histoire.
    Peut-être as-tu vu, le soir, le spectacle d'illumination de la façade de la cathédrale ?

    Posté par Jerem, samedi 27 août 2011 à 21:41
  • @ Marie : merci de cette céleste comparaison ma Belle-Amie
    @ Mitcha : tu as raison ma soeur, la recherche forcenée de l'originalité conduit au snobisme
    @ Jerem : eh bien quand je reviendrai à Reims tu me serviras de guide, ça me fera très plaisir si tu le veux bien

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 28 août 2011 à 12:11
  • Un billet que j'ai lu avec plaisir, d'autant plus que Reims est une ville dans laquelle j'ai un peu vécu il y a de cela....
    L'envie d'y retourner pour revisiter, ou tout simplement découvrir des lieux qui m'étaient passé inaperçus à cette époque (Le Musée des Beaux-Arts, par ex)
    Merci pour la précision de ton texte, et la qualité du choix des photos(si, si, quand même !)
    Amitiés du coeur
    Pascal

    Posté par Pascal (jos_ti), mercredi 31 août 2011 à 20:10
  • @ Pascal : Si c'est, cher ami, le coeur qui te donne tant d'indulgence, alors j'y souscris de grand... coeur

    Posté par Henri-Pierre, jeudi 1 septembre 2011 à 09:47
  • Qu'il est doux, le sourire de l'ange ! A la fois doux, généreux et empli de joie. Ton reflet ?
    Et ta plume est toujours aussi fine et sensible et tes photos de toute beauté.
    C'est un bonheur de te lire.
    Je t'embrasse fort.

    Posté par Ghislaine, jeudi 1 septembre 2011 à 15:34
  • @ Ghislaine : Mon reflet peut-etre parfois, ma chere Ghislaine, mais je revendique aussi ma part de petit Satan ( Au Maroc mon surnom est Chitan)

    Posté par Henri-Pierre, vendredi 2 septembre 2011 à 09:05
  • Tout d'abord cher Henri-Pierre, je te remercie d'être passé souvent sur mon blog pendant mon absence, c'est toujours un grand plaisir de te lire, parfois une réelle émotion...
    A propos de la façade de l'église St Jacques, "alignée" sur les maisons de la rue, je me souviens de la grande surprise que j'ai eue en visitant la mosquée de Cordoue, alignée elle aussi sur les autres immeubles de la rue. Je ne l'imaginais pas ainsi, et comme c'était la première fois que je la voyais (et que je visitais une mosquée) j'ignorais qu'il y avait une cour (aux orangers) derrière cette façade...
    Je ne pensais pas qu'il pouvait exister une église alignée sur les maisons...
    PS : j'espère que ta rentrée a été bonne... j'ai adoré ta photo de fenêtre aux voiles d'araignée !

    Posté par eva, jeudi 8 septembre 2011 à 22:45
  • @ Eva : Chacun de tes passages ici est un présent et je t'en remercie, en ce qui concerne les façades d'église alignées sur les maisons il en est quelques unes, mais plus tardives il est vrai.
    Bon, je suis resté un certain temps loin des blogs, mais mes cours m'on vidé de toute énergie. Mais je reviens...
    Merci pour mes araignées

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 11 septembre 2011 à 15:59
  • Une pensée d'amitié

    Une pensée d'amitié pour Charmes et ses locataires au grand coeur. Bises du coeur

    Posté par Pascal, samedi 24 septembre 2011 à 22:41
  • Merci de ton passage ici mon cher Pascal, en te disant encore mon amitié et ma hâte de te revoir

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 25 septembre 2011 à 17:15
  • tiens?

    c'est bizarre je ne me souvenais pas que c'était permis de prendre des photos au musée des beaux-arts quand j'y suis allé il y a un an....

    Posté par vking, vendredi 14 octobre 2011 à 15:30
  • @ Eddie : Le département XXe siècle ne peut toujours pas se photographier.
    Merci de ton passage ici et à bientôt

    Posté par Henri-Pierre, vendredi 14 octobre 2011 à 17:40

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