mardi 17 juin 2008
Responsable...
... mais non coupable.
Non, non, il ne s'agit pas d'un douloureux rappel du chemin de croix de Georgina Dufoix, rassurez-vous, je veux simplement parler de mon Pavillon des Thés qui, pari tenu, est enfin achevé ; le petit édifice est responsable de mon éloignement de la blogosphère mais on ne saurait le tenir pour coupable compte tenu du résultat obtenu qui, je l'avoue, m'enchante. Oh bien sûr, ce n'est pas là du travail de professionnel puisque, pendant une dizaine de jours, je me suis investi en travaux de peinture avec l'aide de Jean mon beau-frère, et puis seul, dans les arcanes de la lazure sur les bois, de la pose du revêtement de sol pas si facile que ça à ébarber avec un double décimètre d'écolier en plastique transparent pour retenir la lame du cutter dans le droit chemin.
Bref, me voilà fourbu, éreinté, mais heureux et minci d'un kilogramme (il va faloir que je devienne maçon pendant deux ou trois mois).
L'extérieur est tout pimpant avec sa bordure de fougères dopées par cette pluie incessante et son nouveau seuil de cailloux blancs.
Mais jusque là, je ne suis responsable de rien.
Entrons...
J'ai longtemps été réticent à l'association du rouge et du noir que je trouvais facile pour ne pas dire convenue, voire vulgaire, mais, compte tenu de l'atmosphère asiatique que Charles et moi désirions, cette harmonie s'est imposée et, le seuil franchi, un univers de formes géométriques aux rythmes contrastés n'est pas sans évoquer quelque peu un Mondrian en trois dimensions.
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L'effet est assez inattendu, à l'intérieur de cette architecture néo-gothique, de se sentir immergé dans une atmosphère à la fois asiatique et années cinquante pour un résultat "colonial".
Quelques détails extrême orientaux sont venus parachever la décoration.
Veuillez, chers lecteurs, m'excuser de ne pas bouder ma joie ; c'est la première fois de ma vie (mieux vaut tard que jamais) que je rêve, conçois et réalise un décor, alors, même si d'aucuns sont tentés de voir là un kitsch "Pier Import", je n'en ai cure et irai même jusqu'à l'assumer.
Et pendant ce temps là, hors de moi, d'autres restaurations se poursuivent dans l'ancienne orangerie, avilie en grange de ferme. La réhabilitation en cours a rendu nécessaire le décapage des vieux plâtras qui permet de retrouver la date de construction restée lisible sous les enduits, je pense lire 1821 ce qui situerait son édification trois ans avant celle la maison.
Redonner vie à ces lieux avilis par l'incurie des générations précédentes, tout en sauvegardant leur authenticité (à quelque chose limite des moyens est bon), s'avère être une mission beaucoup plus justifiante qu'une construction ou une acquisition.
Les dalles du sol, du moins celles qui ont résisté au temps portent encore, gravées au burin, les initiales des artisans qui les taillèrent. Ces hommes de par la trace de leurs mains forment une chaîne entre le passé et nous qui ne peut que nous conforter dans notre rôle de chaîne de transmission, nous ne possédons rien, je me répète, nous sommes seulement dépositaires pour le temps qui nous est imparti, à nous de savoir s'inscrire dans ce continuum, et quelques soient les restrictions qui en découlent, savoir transmettre à ceux qui viennent.
Et pendant ce temps, cette fin de printemps, qui ignore délibérément les prémisses de l'été continue ses cieux de caprices entre ondées et rares sourires, tout pousse trop et mal, les légumes peinent et les arbres fruitiers, gorgés d'eau et accablés de fraîcheur, ont perdu grain à grain leurs promesses.
Le ciel, encore aujourd'hui, semblait démentir les possibilités de retour au beau temps par ses lourds moutonnements spongieux.
Le tuliper de Virginie perd peu à peu et prématurément ses cupules gorgées d'eau ; les roses, elles, avant que d'être totalement écloses sont déjà marcescentes.
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Mais un rayon de soleil effleure l'étang encombré en ce moment de mousses verdâtres, et là, s'offrent à nos yeux les premières floraisons jaunes des nénuphars ainsi que l'éclosion des calices de porcelaine des nymphéas.
Et si demain était porteur de promesses ?

















