Petits riens
Mon long séjour à Charmes touche à sa fin, je pars bientôt pour Bordeaux où ma nièce Sophie s'apprête à célébrer son mariage et nous comptons renouer les liens avec cette belle terre du Sud-Ouest : Pau, Oloron-Sainte-Marie, Biarritz, Ciboure, etc.
Beaucoup de monde à la maison, de casseroles en agapes et réceptions, la grâce d'écrire ne m'est pas venue, je ne suis pas satisfait de mon dernier billet, le sujet aurait demandé plus de rigueur et de profondeur, mais j'ai éprouvé, malgré les multiples sollicitations de mon cerveau, le besoin de venir ici. Dans ce pays-ci comme on disait au dix-huitième siècle.
J'ai la nostalgie des moments où les mots, fluides, se présentent à mon esprit m'obligeant à des choix difficiles tellement j'ai matière à formaliser mon expression. Là, rien, je reste de longues minutes à chercher le mot qui ne vient pas et accueille avec circonspection et fatalisme celui qui a la bonté de venir frapper à ma porte.
C'est donc avec ces pauvres moyens que je vais tenter d'égréner les quelques riens qui ont émaillé mes journées.
Une activité à laquelle j'ai pris du plaisir est la peinture sur porcelaine, ma tante Jeannine, mettant mes talents de barbouilleur à un niveau aussi immérité que flatteur, m'a offert un magnifique four à céramique d'un bleu intense. De surcroît la pétulante et infatigable blonde m'a astreint à une production intensive, elle tenait à voir de ses propres yeux le bien fondé de son présent.
Eh bien j'y ai pris goût, sous la férule de Jeannine, experte en techniques porcelainières, j'ai animé de figurations diverses d'articles blancs à l'origine. L'artisanat a ceci de gratifiant par rapport à l'art qu'il ne requiert pas forcément d'inspiration.
Facilité de la tâche et apprentissage d'une nouvelle technique, voici quelques exemples de cette activité ludique.
Petits plaisirs solitaires (non, non, pas d'idées déplacées, encore que...) j'ai, à la demande d'Azure, affublé d'un turban "très simple" la Diane des escaliers tout en la priant de protéger la faune de la forêt en cette veille d'ouverture de la chasse.
J'ai aussi emprisonné dans une boîte en verre les papillons venus mourir à la maison.
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Sinon Chitan qui a accompli ses cinq mois le 17 août grandit à grande vitesse et mes genoux ont de plus en plus de mal à contenir ses dodos-calins, Belle a pris son rôle d'éducatrice très au sérieux et ils ne se quittent pas d'une semelle.
J'ai aussi fait de la barque avec le plus sexy des Hollandais, mon ami Rogier.
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Pour finir, voici une vue de la table de bureau de laquelle partent mes billets carpiniens.







