Pêle-mêle
Hasards, déterminismes ?
Dans le billet du 13 août Regards de pierre... apparaîssait, parmi d'autres "habitants" de Charmes, le buste de Laurent Aymon de Franquières ; vous le rappelez-vous ?
Le voici donc encore, l'histoire qui me lie à lui en vaut, je crois la peine.

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Ce portrait, acquis à Paris il y a une quinzaine d'années, est une ébauche en plâtre de Houdon datée de 1792. Le prix demandé par le brocanteur, ridiculement bas, prenait en compte la brisure du nez qu'il s'agit donc de "refaire" ; après plusieurs essais c'est l'appendice que vous voyez qui nous sembla le plus cohérent avec l'architecture du visage.
La figuration est posthume, l'intéressant personnage étant mort en 1790 comme l'atteste l'inscription sur le socle.

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Laurent de F. s'est mis soudain à me parler. Non, ne craignez rien, H-P n'a pas sombré dans la névrose spirite pas plus qu'il n'a fumé la moquette.
Voici donc, enfin, le propos de ce billet :
Un internaute, venu par quel hasard lire ce blog, m'a éclairé sur le personnage et les pérégrinations de ce buste.
L'oeuvre définitive, exécutée dans le marbre, est exposée au musée de Grenoble où, d'ailleurs, existe toujours le château de Franquières échu à un organisme social.
Première constatation : Eh bien l' organe olfactif d'origine, plutôt rond, est très éloigné du type pour lequel nous optâmes.
Deuxième constatation : L'oeuvre "noble" est moins incisive dans le rendu de la psychologie que le plâtre qui, en tant qu'ébauche, témoigne de plus de fraîcheur, de spontanéité. Jugez-en par vous mêmes.
Le portrait fut réalisé par le sculpteur à la demande de la soeur du modèle en s'appuyant sur une miniature qu'elle fournit au sculpteur, on peut donc en déduire qu'elle la tenait pour ressemblante.
Notre internaute, féru d'histoire locale, et que je ne saurais trop remercier a consacré une étude approfondie à notre personnage, dont la vie est passionnante, ce philosophe sceptique fut en relation avec Voltaire et Rousseau, assista au sacre de louis XVI, fut un brillant parlementaire avec dispense d'âge et devint le premier maire de Grenoble à l'aube de la Révolution ; il n'occupa d'ailleurs cette fonction qu'une semaine, car se sachant près de la fin à 45 ans, il s'en déchargea.
Mais ce n'est pas tout : Laurent de F ne se maria jamais, il voyagea en Europe avec son proche ami, mort lui aussi sans postérité en 1808. Ne vous croyez surtout pas obligés d'en venir aux suppositions malsonnantes auxquelles je n'ai pu me soustraire.
Or, il se trouve que le dispensateur de ces précieux renseignements est en relation avec un autre internaute qui a hérité des papiers de Charles d'Herculais, l'ami intime de Laurent.
J'ai donc eu accès à une source précieuse, celle des mémoires de Charles d'H qui relate avec chaleur et passion le voyage d'Italie et , via ce le manuscrit, l'amitié passionnée de ces deux êtres, du jour où, adolescents, ils se rencontrèrent au collège d'Harcourt à Paris, à celui de l'évocation de ce si cher disparu, en passant par leur fameux et long périple, s'est de nouveau faite entendre.
Ce cahier de bord évoque en particulier un plâtre que la soeur de Laurent de F donna à l'ami de son frère, vous voyez de quelle oeuvre il s'agit...
Cerise sur le gâteau savez-vous où habitait Charles d'H ? Eh bien à Chépy, en Haute-Marne, à 80 km de Charmes. Qui aurait pu penser qu'en fait nous ramenions Laurent de F là où l'affection et l'amitié lui avaient donné une place de choix, SA place !
Laurent et Charles sont ainsi entrés dans ma vie, ils ont établi des ponts par dessus le temps, ils ont investi mes pensées et une parcelle de mon coeur.
Je tiens ici à rendre un hommage appuyé aux deux généreuses personnes qui m'ont prodigué tant de renseignements et de documents.
Voici en prime un portrait peint de Laurent de F, lui aussi au musée de Grenoble.
Coucou, les revoilou
Qui ça ? Mais les fêtes voyons, les fêtes et leurs sourires de circonstance, leurs bonnes humeurs affichées, et leurs gaîtés obligatoires, auxquels il faut ajouter les potlatch cadeautiers...
Pour ne pas sombrer dans le jeunisme : ça me gave !
Pourtant j'ai bien aimé Noël quand, même au delà des présents, c'était un instant de magique poésie, on croyait au mieux à la venue sur terre d'un Sauveur, et, à défaut c'était son message de paix et d'espoir qui était partagé. Bien sûr, on se repoignardait allègrement tout le reste de l'année, mais il existait une sorte de grâce de Noël. Comme un parfum d'innocence dont le sillage parfumait pour un moment la terre.
Est-ce parce que je vieillis ? Il me semble que les yeux des enfants de l'ère de la consommation brillent plus à la vue de la "marque" ou de la conformité à la "mode" de ce qu'ils reçoivent que de l'objet lui-même.
Et puis, ces produits de faux luxe vomis à pleins tombereaux par les hypermarchés, et ces grotesques et vulgaires père noëls à l'assaut des façades des maisons, et encore les débauches de figurines en lumières clignotantes. Pouah !
Remarquez, somme toute je ne serais pas mécontent de recevoir aussi "mes" présents.
A tous, pardon à tous et à toutes, (soyons P.C. comme nos politiques) du plus profond de mon coeur : soyez heureux.
Et merci, merci de votre fidélité.


