Le blog de HP

Au fil de mes paysages mentaux

jeudi 2 juillet 2015

Départs

Rêves d'horizons, désirs d'Ailleurs, fuites illusoires.
Inversions des ailleurs devenus des ici dès lors qu'ils sont atteints.
Illusion de la fuite, nos bagages restent lourds de nous.
Horizons trompeurs, les rêves ne s'emboîtent jamais à nos attentes.

Mais aussi rencontres, le monde, ici ou là bas, est plein de surprises.
Fenêtres ouvertes sur du vrai souvent plus étonnant que nos songes.
Changements de décors, impermanence des passages pour constater, partout, l'évidente permanence du caractère humain.
Si les voyages dans le Temps étaient possibles, je suis certain qu'ils nous diraient la même chose.

03 05 mars 2015 (82)

Scène antique Alphonse Osbert 1918. Petit Palais

Ce soir je quitte Charmes et demain je quitte Paris, un zingue m'emmènera sur une côte Turque pour une croisière d'île en île.
Je n'aime pas les départs et je regarde ma maison et son écrin de verdure comme une dernière fois, c'est toujours ainsi, je n'aime pas partir, comme si on laissait une part de soi à l'abandon.
Mais je pars, encore une fois, pour du nouveau qui me semblera sûrement familier à coups de références historiques et culturelles, et puis parce que tous les cieux se ressemblent.
Je sais aussi, que même si je n'aime pas laisser derrière moi, je suis ainsi fait que le lieu où je suis est toujours le plus beau du monde.
Mes arrivées sont toujours aussi émerveillées que mes départs sont nostalgiques.
Balancier coutumier auquel je ne m'habitue pas, moi l'errant aux trois maisons et aux multiples voyages.
Je ne suis jamais un rythme de vacances, je suis toujours en errances. Mes regrets et mes découvertes sont le cocktail de mes cadences.
Les cieux les plus beaux, comme celui révélé par le pare-brise de l'automobile, sont toujours ceux sous lesquels on ne s'arrête pas...

IMG_3572

L'automobile, le train, l'avion, ont tué le voyage, les pôles se rassemblent, les continents se tendent la main, il n'y a plus d'itinéraires, juste des points de départ et des "destinations" comme disent nos voyagistes. Les ports se rient des océans qui les séparent, les bouts du monde sont à portée de la main.
La banalisation des "longs courriers" fait que les fins de terre se touchent, que les milieux, les intermédiaires, les transitions sont abolis ; on ne gagne plus un pays, on le fait.
Et cependant je pense toujours de l'Amazonie de mes rêves de gosse, il est fort probable que, l'âge venant, je ne la connaîtrai jamais, ou alors juste un ersatz lors d'une escale à Manaos. Peut-être pas d'ailleurs.
Finalement l'inaccessible existe toujours, une vie n'est pas assez longue pour offrir tous les cieux dont on aimerait goûter les pluies ou absorber les rayons.
Je n'aime pas partir, les départs m'attristent, mais les durs escaliers d'une maison du soleil me manquent lorsque j'y pense...

SDC11538

Alors, ce soir, demain je m'en vais.
Je quitte Charmes et je m'envole vers un inconnu dont je sais déjà que les cieux me seront connus, qui pourrait dire que ce polownia lointain fleurit sous des nuages, qui pourraient être, au hasard, normands ?

Je l'ai déjà dit, tous les cieux se ressemblent.

catalpa

A bientôt car de là-bas, aussi, je partirai même si je n'aime pas les départs et au retour je me dirai qu'ici est le plus beau lieu du monde.
Bel été à vous, chers lecteurs.

 

Posté par Henri_Pierre à 15:02 - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

    Lorsque je prépare les bagages, mon coeur se serre... Je n'aime pas partir non plus, mais quand je reste à la maison, je ne pense qu'à partir ! Quand je suis à l'aéroport, je suis déjà ailleurs, pleine de joie : c'est déjà le voyage ! et lorsque je reviens, il m'est arrivé d'avoir les larmes aux yeux à l'aéroport du retour... (parce qu'il me semble que je ne verrai plus jamais le ciel si bleu...). Bon voyage cher Henri-Pierre !
    PS : que j'aime tes photos...

    Posté par eva, jeudi 2 juillet 2015 à 15:16
  • départs

    Demain tu pars ; demain, le même jour, ma mère prend le départ pour un ailleurs, une maison d'accueil où vont ceux qui ne se rendent plus compte que l'inconnu sera leur quotidien et n'auront aucune idée de retour. Le ciel bleu (ou gris) sera comme le tien. Je t'accompagne dans ce nouveau voyage.

    Posté par Marie, jeudi 2 juillet 2015 à 15:48
  • @ Eva : Te connaissant je ne suis nullement étonné de ce que tu me dis, chère amie. Je t'embrasse avant mon départ (encore un)

    Posté par Henri-Pierre, vendredi 3 juillet 2015 à 09:00
  • @ Marie : Je pars oui, mon amie, mais je ne serai pas loin, tu sais bien que la proximité ne dépend pas de la distance. Je pense à toi particulièrement aujourd'hui et te dis toute mon affection dans cette épreuve. Je t'embrasse ma Marie

    Posté par Henri-Pierre, vendredi 3 juillet 2015 à 09:02
  • bon voyage !
    Moi aussi quand je pars , j'ai l'impression d'abandonner ma maison et de prendre le risque de ne plus la revoir...Mais dès que je suis partie, je suis heureuse de découvrir du nouveau

    Posté par gazou, dimanche 5 juillet 2015 à 13:20
  • @ Gazou : dans quatre jours je quitterai la mer Égée, j'en ai déjà la nostalgie...
    Merci de ta visite

    Posté par Henri-Pierre, jeudi 9 juillet 2015 à 06:19
  • partirrevenir

    on part
    comme les escargots
    on porte avec nous
    des ciels
    des maisons
    des amours
    tout s'entasse
    beaucoup de place à l'intérieur sans bousculade
    sur des étagères, en désordre
    je pars avec plaisir loin parfois
    je reviens avec plaisir de loin parfois....
    à bientôt ami

    Posté par jeanne, vendredi 17 juillet 2015 à 08:33
  • @ Jeanne : J'aime cette expression du balancement des âmes, de pôle en pôle, dans la nacelle d'un escargot.

    Posté par Henri-Pierre, samedi 18 juillet 2015 à 19:00

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