Le blog de HP

Au fil de mes paysages mentaux

dimanche 16 janvier 2011

Les trois soeurs

Henriette, Marguerite, Yvonne...

Je ne les ai jamais connues, leur prénom est toujours cité par ordre de naissance, je pense que sur la photographie qui suit, Henriette est à droite, Marguerite à gauche et Yvonne au centre, debout.

Henriette, prénom traditionnel chez les G... ma famille maternelle.
Marguerite, certainement en hommage à Marguerite I sa grand-mère, épouse de Jean-Bonaventure G mon arrière grand père.
Yvonne, nom fort en vogue à l'époque.
Un prénom royal, un prénom de fleur, un prénom dans l'air du temps.

Mortes les trois, il y a très longtemps. Mais elles ont laissé une empreinte obstinée dans la famille, toujours évoquées, s'éloignant de leur réalité au fur et à mesure du temps pour se glisser insidieusement dans l'histoire des autres ; inconnues mais si présentes.
Leur vérité à elles nul ne la connaîtra, leur souvenir est aussi faux que la conventionelle et théâtrale toile de fond que l'on trouvait chez tous les bons photographes à une époque où l'on allait encore faire faire son portrait avec la même solennité que devant le chevalet d'un peintre. L'instantané n'existait pas, il fallait une forte personnalité ou une belle âme rebelle pour qu'un caractère abolisse la convention.

Les_trois_soeurs

Elles posent toutes les trois, feuilletant ce qui me semble être des albums de photographies, et ne se doutant pas que le témoignage de leur courte vie s' étiolerait bientôt entre les les pages de l'un d' eux.
Bas noirs et tailleurs chics et stricts, uniforme des jeunes filles de "bonne famille".
Henriette, la plus déterminée, darde de ses yeux, crânement, l'objectif ; elle vivra un peu plus que les autres, mais à quel prix...
Marguerite vous fixe aussi mais son regard se perd avant que de vous atteindre ; je la soupçonne vibrante de vie intérieure.
Yvonne, la plus jeune, a encore le droit de porter les cheveux lâchés, elle est d'une beauté diffuse et rêveuse, elle me fait irrémédiablement penser à ses contemporaines les Grandes-Duchesses de Russie.
Les robes courtes donnent à penser qu'elles n'ont pas encore fait leur entrée dans le monde, leur adolescence ne s'est pas encore échouée sur les rives de l'âge adulte.
Nous devons être entre 1912 et 1914.
Elles étaient pensionnaires à Pau, chez les Dames de Saint-Maur. Cette institution existe toujours au numéro 8 de la rue qui en a pris le nom.

Deux ou trois choses que je sais d'elles

Quelques photographies, reccueillies il n'y a guère, après la mort de ma mère, sont des pierres d'achoppement où les fils d'Ariane de notre imaginaire se plaisent à leur donner vie, une vie fausse d'ailleurs, celle que nous leur imposons chacun à notre manière.

Elles étaient filles de mon grand-père Jules G et de sa première femme Marie-Philomène A, leur grand'mère Marguerite I venait de Stein dans le Palatinat.
Jules naquit en Égypte en 1867, il mourut en 1936, il était Gatzar et eût trois femmes , Marie-Philomène qui le laissa veuf, Gabrielle de laquelle il divorça, peut-être pour épouser sa cuisinière de 32 ans sa cadette, ma grand'mère Marie L. Ceci explique pourquoi j'ai un si vieux grand'père, mort bien avant ma naissance.
Les images des personnes qui entourèrent la naissance des trois soeurs sont rares, en toute logique, il me semble légitime d'attribuer ce visage à Marguerite I et, dans cette photo de groupe où Jules, parfaitement identifiable, arbore un costume estival, doit figurer Marie-Philomène. L'effigie de leur oncle André, l'un des dix frères de Jules est elle incontestable, au dos du document figure une dédicace à Yvonne.

Marguerite_ia_rlingOncle_Andr_

Jules_et_

En revanche de l'élégant Jules que je crains un tantinet narcissique, les photos ne manquent pas, c'était aussi un séducteur.
Nous le trouvons ici élève de sept à huit ans fléché de façon péremptoire.
Séduit par les débuts de la voiture automobile, le voici, parmi quelques uns de ses frères, parfaitement reconnaissable au col rigide et haut qu'il n'abandonna jamais ; plus tard, canne à la main, il toise plein d'assurance l'objectif. Un dandy des temps révolus.

JULES_CLASSEJules___la_canne

Jules_fratrie_automobile

Marguerite et Yvonne moururent en même temps, probablement en 1916 de la "grippe espagnole" qui ravagea l'Europe occidentale à cette époque, leur mère aussi fut victime de la même épidémie.
D'elles il ne nous reste que cette petite Marguerite en 1900 et la charmante communiante que, par le jeu des ressemblances, je pense être Yvonne.
marguerite_en_1900Yvonne__peut__tre_

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Les dames de Saint-Maur n'avertirent pas à temps Jules qui, épouvanté et en colère de ne les avoir pas revues vivantes, devint farouchement anti-clérical.

Restait Henriette, l'aînée, que la maladie épargna, elle rencontra un aviateur Henri M, qui conquit son coeur.
L' heureux fiancé fit sa cour et épousa la malicieuse jeune fille, qu'importent les tonalités passées de ce pêle-mêle, leur bonheur illumine encore les lambeaux du passé.

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Hélas, Atropos, inaccessible à la pitié ou jalouse de cet amour coupa le fil de ces deux vies prestement ; on cacha à Henriette enceinte du "petit Henri" que vous voyez ci-dessus sur son cheval à roulettes, la terrible nouvelle de la mort de son mari aux commandes d'un nouveau modèle d'avion. La lettre cachée à la destinataire racontait, par un témoin de l'acident, les détails de la catastrophe.
Quand l'amoureuse en prit connaissance, après avoir accouché, elle se laissa mourir, oui, oui, on pouvait encore mourir d'amour.
Pour réunir tant d'êtres chers, Jules pasa commande d'un monument funéraire à Lourdes. De ce devis, au-delà de la sécheresse des comptes, suinte une immense tristesse, comme une malédiction, comme un refus de la part de joies à laquelle tout humain devrait avoir droit.
Que tout celà est vieux. Que tout celà est proche.

annonce_mort_Henri__1_commande_tombe_Lourdes

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Le "Petit Henri" et Marie

Henri, le "Petit Henri", né en 1918 fut élevé, après le passage de Gabrielle la deuxième épouse, par la troisième élue du sémillant barbon, ma grand'mère Marie.
La villa du bassin d'Arcachon à Arès était le havre de paix où se déroulèrent les premières années de l'enfant.
Entre ma grand'mère devenue élégantissime, inondée, nous racontait-elle de bas de soie et de "Jicky" de Guerlain, le "Petit Henri" avait tout de l'enfant choyé, Jules n'était pas peu fier de poser avec lui, et lui se saisissant de la canne de son aïeul jouait les impertinents.

Grands_parents_AresLe_petit_henri

Jules___Henri

Marie donna deux enfants à Jules, ma mère et son frère Roger, ainsi ma génitrice avait un neveu de cinq ans son aîné et pour mon oncle l'écart était de dix ans.
La vie devait s'écouler douce et réglée comme du papier à musique lors des séjours d'Arès, mon grand'père, homme du dix-neuvième siècle était intraitable sur les principes et l'éducation.

Il y eût des voyages, traversée de l'Amazonie en paquebot, mon grand'père, ingénieur, allant monter une usine de balatum (?) au Pérou ; voyez Marie poser avec sa jeune fille De ces lieux exotiques m'est revenue aussi une malle en cuir ouvragé qui, malgré les injures du temps a encore belle allure.
A Arès, malgré un Jules vieillissant et déja marqué par la maladie qui devait l'emporter, l'harmonie semblait régner.
Le couple prend la pose avec les deux enfants, les hommes devant, les femmes en retrait bien évidemment, mais nul ne se serait avisé de remettre en cause l'ordre établi.
Un des derniers événements fut la Communion Solennelle de maman.

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La famille de Jules qui ne voyait certainement pas d'un oeil très amène la régularisation de ces amours ancillaires, "reprit" l'enfant après le décès de Jules en 1936.
Pour en finir avec le "Petit Henri", nul dans la famille ne le revit, nous savons seulement qu'il devint amiral et vécut dans les années quatre-vingt à Chaville. Il est probable qu'il soit allé rejoindre ses parents et grands'parents. Né en 1918...

Héritages

Que reste t-il de ces trois soeurs et du fils de l'une d'elles ?

Quelques photos dont je vous ai livré l'essentiel, peut-être aussi un fond de mélancolie propre à la famille, mais l'héritage le plus terrible à porter échut à ma mère, la fille de Jules et de Marie se prénommait Henriette, Marguerite, Yvonne ; derrière le sourire de cette communiante de onze ans flottent, en palimpseste, trois sourires de mortes.
Maman n'a jamais rien dit de ce qu'elle devait ressentir de porter malgré elle, en elle, le souvenir des trois disparues. J'aurais dû le lui demander. Il est trop tard.

maman_11_ans

Colette, ma soeur cadette, a le visage, trait pour trait de Marguerite, c'est une belle forme de transmission qui donne de l'âme aux petits pois de Mendel.
Et bien sûr, je m'apelle Henri...

En hommage à Alain Defossé

L'envie me taraudait, depuis quelques temps, de raconter le destin de ces soeurs, mes tantes inconnues ; j'attendais cependant  de réunir un peu plus de matière afin de dire une vraie histoire, documentée et précise.
Le livre de mon ami Alain m'a fait comprendre que quelques efforts que je fasse la vérité est hors de portée, ensevelie dans la terre d'un caveau de Lourdes.
Le courage de cette évocation subjective, c'est lui qui me l'a donné. Merci Alain.

Defoss_s

Posté par Henri_Pierre à 02:38 - Commentaires [29] - Permalien [#]

Commentaires

  • Non, c'est moi. Merci Henri-Pierre. Ton histoire est belle parce que c'est la tienne, et Henriette, Marguerite et Yvonne, où qu'elles soient, te sont reconnaissantes, parce que pas tout à fait mortes. C'est cela que nous faisons en les écrivant, chacun à sa manière.

    Posté par Alain D., lundi 17 janvier 2011 à 03:37
  • @ Alain : sensible. Oui, très sensible de/à toi.

    Posté par Henri-Pierre, lundi 17 janvier 2011 à 08:48
  • Sensibilité, c'est vraiment un terme qui te caractérise ! Quel beau texte en écho à ce livre "Mes inconnues" que tu nous donnes envie de lire aussi...

    Posté par claire p., lundi 17 janvier 2011 à 09:34
  • Un mot, Pierrot : passionnant.
    Je ne sais que t' écrire d' autre après la lecture de ton puissant texte aux photos d' un autre âge et cependant si proches ...
    N.B : oserais-je t' écrire qu' il y a, me semble-t-il, du Jules en toi ?
    Je t' embrasse

    Posté par cyrille, lundi 17 janvier 2011 à 09:50
  • Quelle histoire...

    Henri, le disparu de la guerre était un bel homme... C'est vraiment incroyable que ces photos racontent des histoires, parfois sans tes mots. Il y a de l'amour, de passion, mais aussi de l'absence.
    Je démarre donc ma journée avec tes mots, tes pensées vers le passé, pour commencer à écrire une histoire sur mon propre passé.

    Posté par Buzenval, lundi 17 janvier 2011 à 09:57
  • @ Claire : Oui, c'est vrai je suis sensible, peut-être trop, du moins à ce que l'on dit. Je ne saurais trop te conseiller de lire cet ouvrage et aussi, si tu le trouves, "dans la douceur du soir" du même auteur

    @ Cyrille : les chiens ne font pas des chats, lol.

    @ Buz-Buz : Je suis si heureux de cette convergence, mon ami cher.

    Posté par Henri-Pierre, lundi 17 janvier 2011 à 12:04
  • A l'aurore des Mémoires

    C'est un très beau début, intimiste sans être autobiographique et même sans les photographies, le billet est attachant,

    Posté par Marie, mardi 18 janvier 2011 à 16:58
  • @ Marie : J'adore le titre de ton com

    Posté par Henri-Pierre, mardi 18 janvier 2011 à 18:16
  • Il semble que mes titres recueillent quelque approbation, sers-t'en autant que tu le désires.
    Maintenant je dois dire que je m'abstiendrai de toute imitation, j'ai (presque) les mêmes photographies ...

    Posté par Marie, mardi 18 janvier 2011 à 19:58
  • @ Marie : Il n'y a pas d'imitation dans l'change des juxtapositions

    Posté par Henri-Pierre, mardi 18 janvier 2011 à 20:04
  • de l'une à l'autre

    le ressenti peut être différent mais je t'affirme qu'il est difficile de porter le prénom détesté de quelqu'une. Moins difficile cependant qu'une association ridicule !

    Posté par Marie, mardi 18 janvier 2011 à 20:36
  • @ Maeie : La difficulté est tout de même plus supportable que le ridicule.

    Posté par Henri-Pierre, mercredi 19 janvier 2011 à 09:28
  • Je n'avais pas besoin de me sentir davantage retournée aujourd'hui (tu sais dans quelles conditions j'écris à l'instant précis).
    Je revois Mamie pleurer ce petit Henri.
    Enfant, j'aurais aimé être en mesure de le retrouver, pour elle. Un enfant qui aimait tant les chevaux (à bascule) n'a pu devenir un mauvais homme )

    Posté par Sophie, mercredi 19 janvier 2011 à 12:19
  • @ Sophie : La mémoire ne vient jamais quand on l'apelle...
    Chaque fois que j'ouvre la boîte de Pandore (photographies) j'ai le coeur chaviré. Mais je ne "les" laisserai pas à l'abandon...

    Posté par Henri-Pierre, mercredi 19 janvier 2011 à 17:50
  • Les vieux portraits de famille que l'on trouve parfois abandonnés dans les brocantes me serrent toujours un peu le cœur, et je me dis que ceux qui avaient peur de se faire voler l'âme par un photographe n'avaient pas tout à fait tort. Des visages devenus anonymes - mais toujours présents -, des histoires personnelles diluées dans le néant, des mémoires familiales qui s'étiolent... Et ces visages figés à jamais dans l'éternité du papier photographique.
    Alors, je suis toujours ému lorsque quelqu'un est encore en mesure de redonner une histoire, même imparfaite, même parcellaire, aux vieux portraits de famille...

    Posté par christophe, dimanche 23 janvier 2011 à 11:24
  • @ Christophe : la rencontre d'albums de famille dans des brocantes me point aussi le coeur, tout comme les monuments funéraires en déshérence, photos redevenues anonymes et sculptures délitées sont des rappels permanents de l'impermanence.
    Alors, faire revivre, même très approximativement et très fugitivement un portrait du passé c'est un peu comme si le bourreau avait accédé à la supplication de Madame du Barry "encore une minute, Monsieur le bourreau, s'ilvous plaît".

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 23 janvier 2011 à 11:43
  • les tantes disparues

    Depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours posé beaucoup de questions au sujet des ces jeunes femmes, car on m'a toujous martelé que j'étais "le portrait craché" de Marguerite, et c'est vrai, mais je trouve aussi quelque ressemblance avec la jeune Yvonne, un air de famille avec Henriette... Et çà continue : la blondeur et les yeux clairs sont toujours d'actualité dans ma descendance... j'ai toujours aimé les histoires de famille (côté maternel et paternel), j'ai souvent cherché à en percer les secrets (il y en a toujours dans les familles) et je suis très fière de pouvoir transmettre ces souvenirs à ma fille, très friande aussi de ces belles et lointaines histoires qui soudent une valeur rare de nos jours (hélas): la Famille. J'espère en être un petit peu le "griot" (pas la griotte !). Je compte sur elle pour prendre le relais : même, il est vrai, avec quelques transformations, les versions entendues de la bouche de nos parents ne sont pas fiables à cent pour cent.

    Posté par mitcha, dimanche 23 janvier 2011 à 12:15
  • @ Mitcha : même nos souvenirs nous trahissent ma chère soeur, comme si les êtres desquels nous entretenons la mémoire ne jouaient à cache-cache, de brusques présences en dérobades.
    Entretenir leur présence, oui, comme les vestales de l'impermanence.

    Posté par Henri-Pierre, lundi 24 janvier 2011 à 16:49
  • je t'envie

    oui je t'envie un peu de connaître la "lignée"
    mais on fait sans
    je vous embrasse tous les deux

    Posté par jeanne, samedi 29 janvier 2011 à 20:17
  • @ jeanne : oh, c'est une lignée si peu précise et si fuyante...
    Je t'embrasse et nous t'embrassons ma Jeanne. Ta fidélité est un bonheur.

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 30 janvier 2011 à 00:58
  • Présents disparus

    Toute famille à ses présents disparus.Chez nous elle se nomme Marie...Morte en mettant au monde mon grand-père, seule parce que non épousable , trop basse dans l'échelle sociale d'une campagne auvergnate où le nobliau n'est pourtant jamais loin du paysan, et le notable de la cour de ferme..Nulle photo. Seulement un prénom : Marie. Un prénom sans visage... Il n'en reste rien sauf le souvenir que j'en ai ce soir et cet autre, celui de mon grand- pére cherchant sa tombe dans un cimetiére où elle n'était pas..Marie dormait ailleurs quelque part sous l'herbe qui entoure l'église de Sourniac parce que nul n'avait songé à faire déplacer sa tombe dans le nouveau cimetière. Mais au delà de la mort il y a une justice.. Maigre consolation au demeurant au regard de sa peine : elle,femme, nous a donné son nom et si nous n'avons jamais baptisé de son prénom nos trop rares héritiéres ce n'est pas par oubli ni par honte.Je crois que par une régle tacite nous en avons fait l'Unique, une prèsence tutellaire qui nous suit de l'au-delà, faute de n'avoir jamais pu accompagner nos pas

    Posté par Viane, mardi 1 février 2011 à 00:34
  • @ Viane : Quel beau commentaire, cher Viane, tout y est de la beauté d'une alliance de mots telle que "présents disparus" que je te jalouserais volontiers si j'avais pour défaut l'envie.
    Tes lignes si denses, nous promenant de cette si pertinente observation sociale d'un jadis si proche aux vides que laissent à l'âme ces absents iinconnus mais tutélaires,en disent au moins autant qu'un livre.
    Cela dit, tu es mûr pour lire le dernier Defossé, je suis sûr que tu aimeras beaucoup.

    Posté par Henri-Pierre, mardi 1 février 2011 à 07:22
  • Un bien beau texte que celui relatant l'histoire de ta famille... photos, documents, et un texte réellement passionnant ! Merci Henri-Pierre pour ce regard sur tes proches !
    Pascal

    Posté par jos_ti, vendredi 4 février 2011 à 13:17
  • Merci à toi Pascal, de m'avoir rendu visite. J'y suis toujours sensible.

    Posté par Henri-Pierre, vendredi 4 février 2011 à 13:25
  • Des histoires à l'Histoire

    Serait-ce la proximité de Charles qui t'incite à partir ainsi flâner dans le labyrinthe de ton histoire familiale ? La promenade que tu nous offres est, en tout cas, passionnante et ferait une excellente trame potentielle pour un récit un peu plus étendu, si tu suis ma pensée.
    Ce que je retiens de ton billet est la leçon un peu plus générale que tu livres en postface et sur laquelle, de façon surprenante, personne n'a jugé bon de s'arrêter : qu'est-ce que l'Histoire et comment parvenir à l'écrire ? Collecter de petits fragments puis les jointoyer autant que faire se peut ne suffit bien souvent pas, car si les documents révèlent, ils taisent tout autant. Alors reste l'imagination, ou plutôt le "délire lucide" dont parlait, je crois, Marguerite Yourcenar, vers la trilogie familiale de laquelle ton billet m'a ramené. C'est d'ailleurs sur un aphorisme des Carnets de notes des Mémoires d'Hadrien que je souhaite clore mon commentaire :
    "Quoi qu'on fasse, on reconstruit toujours le monument à sa manière. Mais c'est déjà beaucoup de n'employer que des pierres authentiques."

    Posté par Jean-Christophe, dimanche 6 mars 2011 à 15:25
  • @ jean-X : ta conclusion dit tout ce que je voulais dire.

    Posté par Henri-Pierre, dimanche 6 mars 2011 à 16:43
  • Quel talent ! tout cela est si vivant sous ta plume... c'en est fascinant... Et ces aïeux semblent si proches dans ton récit, on a peine à croire qu'ils ont disparu. Les photos, les courriers, les robes de communiantes semblables à des robes de mariée... Mais surtout, surtout, ton "délire lucide" comme l'écrit si bien Jean-Christophe, en se référant à Marguerite Yourcenar (je ne connais de M.Yourcenar que "les Mémoires d'Hadrien" et le résultat est que Hadrien est mon empereur préféré ! Et je comprends maintenant pourquoi il m'est si proche... elle a si bien inventé ! elle a si bien "déliré" !)

    Posté par eva, mercredi 27 avril 2011 à 19:23
  • @ Eva : Un bonheur inouï en visitant il y a quelques semaines la ville d'Hadrien à Tivoli fut de voir flotter le souvenir d'Hadrien constructeur d'un temple à la mémoire d'Antinoos sous l'égide de la seule statue que j'ai jamais vue érigée à la grande Marguerite. La mémoire et les mémoires faisaient vibrer l'air de ces trois présences. Je me rappelai aussi que la chanson préférée de Marguerite Yourcenar était "Yes he's my friend, hee's blowing in the wind..."

    Posté par Henri-Pierre, mercredi 27 avril 2011 à 22:34
  • oh comme je te comprends, parce que j'ai visité moi aussi la Villa Adriana, il ne faisait pas très beau hélas, mais l'émotion était au rendez-vous, comme tu le dis si bien, ces trois-là sont très présents,
    http://eva.baila.over-blog.com/article-22353118.html
    (mes photos ne sont pas très belles, mais peut-être en as-tu fait de meilleures que tu nous feras partager, je l'espère)
    Il y a aussi un passage de Yourcenar que j'adore : c'est la visite d'Hadrien en Egypte...
    http://eva.baila.over-blog.com/article-26574137.html
    ... l'Egypte, où je ne suis jamais allée (les photos de ce billet sont des photos Flickr)
    Je regrette aussi de ne pas avoir vu la statue d'Antinoüs au Musée Archéologique de Naples, la salle était fermée...

    Posté par eva, jeudi 28 avril 2011 à 08:46

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