Le blog de HP

Au fil de mes paysages mentaux

lundi 9 novembre 2009

Al salir de La Habana

Henri_Pierre__3_

Matin de La Havane

Souffle le vent de La Havane, brouille le bleu de bourrasques aux palmiers ébouriffés et délaie les nuages en un nouvel azur implacable. Chaleurs moites, touffeurs suffocantes, brûlures du soleil et, une ou deux fois, trois gouttes d'eau épaisse qui saturent encore plus un air salin imbibé de cette mer toujours présente.

Henri_Pierre__32_

Henri_Pierre__147_

Henri_Pierre__133_

.
.
Inconsolable Espagne

Comme je comprends la nostalgie tragique des Espagnols lorsqu'ils t'on perdue, séductrice rebelle, le traumatisme du désenchantement a été si grand qu'il en est sorti une génération d'écrivains parmi les plus marquants de la littérature espagnole : « la generacion del 98 », mouvement moderniste qui, après la déroute de la guerre contre les Etats-Unis, refuse le rêve d'une Espagne idéale pour regarder leur pays droit dans les yeux : la perte des dernières colonies, dont Cuba, ne peut plus masquer la faiblesse du pays. De ce désenchantement salutaire et apocalyptique naîtra une des plus belles périodes de la littérature occidentale.
Inexorablement Cuba, sous le joug américain, devient un pays serf gouverné par des présidents fantoches où les mafias du monde entier mènent joyeuse vie. Le peuple, lui s'enfonce de plus en plus dans la misère.
En sens inverse, tout à La Havane rappelle ce riche passé colonial, la culture y est avant tout hispanique et le fond catholique s'est enrichi de cultes d'origine Africaine, les Orishas, ce qui n'est, somme toute, pas plus aberrant que les multiples superstitions qui, en palimpseste, se sont perpétuées en terres chrétiennes.

Les maisons racontent l'Histoire...

L'architecture de La Havane raconte avec précision les vicissitudes de son histoire, les vieilles maisons coloniales de Habana la vieja, hautaines et aristocratiques disent la morgue d'une société où la noblesse austère et corsetée tenait les rênes de la jeune colonie. Les églises, baroques s'enivrent de leurs courbes et contre-courbes, véritable cantique de désordres organisés.

Henri_Pierre__54_

havane_thierry__52_

Henri_Pierre__41_

Le dix-neuvième siècle entre néo-classicisme et historicisme de Centro Habana marque comme dans le Paris de la même époque la toute puissance de la bourgeoisie, le code du mérite a remplacé celui du l'honneur.
Le luxe s'étale avec insolence jusques en cette pharmacie néo-gothique de 1848 qui mérite le statut de chef d'œuvre de l'architecture d'intérieur.

Henri_Pierre__21_

Henri_Pierre__102_

Henri_Pierre__166_

... et la décoration aussi

Les hautes fenêtres en plein cintre des maisons fastueuses s'ornent, dans l'arc de magnifiques jeux de vitres multicolores aux motifs rayonnants, les « medio punto », Art Nouveau et Art-Déco se déclinent sur un mode plus « international », nous sommes sous tutelle américaine, habileté et richesse du répertoire n'empêchent pas de constater que l'identité nationale est bafouée ou tout au moins délaissée. C'est d'ailleurs à ce moment là, sous la froide exigence de l'argent-roi, que le fossé social se creuse, que la cohésion sociale s'effrite et que les Américains triomphants et autistes, tracent déjà la voie de leur déroute.

Henri_Pierre__266_

Henri_Pierre__289_

Henri_Pierre__101_

Je passerai sous silence le faste glacial et vulgaire du Congrès et du Palais présidentiel qui, en plein vingtième siècle (vers 1927) s'inspirent des lourdeurs du style officiel de la Troisième République. Ils sont transformés en musées et il est étrange de voir les vêtements tâchés de sang des libérateurs de Cuba sous les plafonds emberlificotés de la demeure du sinistre Batista. C'est là leur seul intérêt. En revanche, tout au long du vingtième siècle les nouveaux styles ont continué à s'épanouir dans la ville qui, de plus en plus, s'est étendue le long de l'interminable boulevard longeant la mer, le Malecon.

La Place de la Révolution, siège du pouvoir actuel, est, au milieu d'une végétation luxuriante, l'application des exercices de grammaire du répertoire soviétique.Des demeures d'autrefois sont devenues des musées représentatifs du mode de vie des privilégiés des siècles passés, ainsi si le palais du gouverneur témoigne de la grandeur des époques seigneuriales, le musée des colonies restitue le calme feutré et cossu de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle, tandis que le musée des arts décoratifs, copie exacte d'un château de Chantilly érigé par telle Comtesse ou Marquise en 1927 et réquisitionné par l'État en 1959 est un hommage à l'art classique Français ; dans le grand salon j'ai même retrouvé Marie-Antoinette sur un secrétaire lui ayant appartenu ; avant la rencontre, dans le vestibule, on est accueilli par deux magnifiques Hubert Robert.

havane_thierry__70_

Henri_Pierre__247_

Henri_Pierre__270_

.
Et la vie continue...
Ainsi à la beauté très « earl fifties » du grand hôtel où aux débuts de sa carrière s'installa Fidel Castro et à l'architecture fort futuriste du célèbre glacier Copélia répond dans le vieux quartier l'expression artistique sauvage et décalée de la jeune génération.

Henri_Pierre__132_

Henri_Pierre__175_

Henri_Pierre__126_

Déclins et résurrections

Le blocus économique infligé par les Américains et l'effondrement de l'Empire Soviétique, laissèrent le pays sans ressource aucune, aussi les palais les plus prestigieux sont passés progressivement du défraîchissement à la semi-ruine.
Dégradations et avilissements commencent à reculer de plus en plus devant un très ambitieux programme de restauration qui, tout en rendant son éclat aux rues de la ville a l'intelligence de respecter la vocation d'habitation ; La Havane, sa jeunesse retrouvée restera une ville habitée.

Henri_Pierre__311_

Henri_Pierre__137_

Henri_Pierre__317_

Les réhabilitations font refleurir les témoignages d'un art à redécouvrir et qui mériterait étude et monographie, les fresques murales qui, de scènes galantes en paysages et frises, constituent une expression artistique très particulière aux XVIIIe et XIXe siècles.

Henri_Pierre__365_

Henri_Pierre__370_

Henri_Pierre__367_

A pied, à cheval, en voiture

Les voitures particulières sont rares et la plupart vétustes, on trouve encore, de ci de là, quelques « Trabant » vestiges du partenariat soviétique. Mais le blocus a figé le parc automobile dans les années cinquante, les « belles américaines » plus ou moins entretenues, aux revêtements des sièges à fleur de ressorts et les ressorts à fleur d'amortisseurs défaillants rendent le voyage aussi amusant qu'inconfortable.Pour le reste, eh bien on bricole, la production nationale de cocos-taxis qui ne sont jamais que des triporteurs malicieusement et judicieusement « customisés » en forme de noix de coco, mais loin de tout ce luxe, les cyclo-pousses bricolés sont le pain quotidien des habitants de La Havane à moins qu'ils n'optent pour le choix d'un vieil autobus brinqueballant dont l'âge n'a en rien amputé la vaillance.

Henri_Pierre__189_

Henri_Pierre__346_

Henri_Pierre__232_

Quelques automobiles et autobus modernes sont le signe d'une récente ouverture.Évidemment je passe sous silence les sempiternelles calèches hippomobiles où les plus ou moins belles touristes se donnent des allures de Scarlett O'Hara qui aurait laissé sa crinoline au vestiaire.

Et, pour la fin, le plus délectable : les cubains

Que dire de ce peuple sans l'affadir, le simplifier ou le trahir ?
Je dirai simplement que je l'aime, infiniment, et qu'il me bouleverse au plus profond.
Peuple métissé, visages chocolat aux yeux d'océan ou blondeur éclatante sur teint pain d'épice.
Volupté passive des gros culs affublés de shorts fluorescents et trimballés dans une cadence molle et langoureuse à damner un Fellini.
Jeunes hommes si minces, si à la mode et au regard assassin. Yeux-revolver.Jeunes filles obéissant à la tradition de la pose devant le photographe le jour de leurs quinze ans en amples robes « historiques » et volantées tenant avec grâce leur ombrelle à la main.
Papys occidentaux se pavanant au bras de délicieux tendrons qui achètent ainsi leur image de mannequin de luxe.
Vie extérieure, abandon dans les poses et dans la vêture réduite, à tout âge aux strictes limites de la décence la moins exigeante, l'impudeur est toujours frôlée, mais évitée par la si douce nonchalence
Lumières chiches, la nuit du pays de la pénurie est très peu éclairée, les rayons des magasins aussi sont à peine fournis.
Mais il n'y a pas un seul mendiant, vous êtes certes sollicités pour des cigares ou pour des filles, mais personne ne tend la main.
L'état fournit le nécessaire en nourriture et aussi les soins médicaux les plus avancés, j'apprends que les médecins cubains sont parmi les plus réputés.
Pénurie matérielle, certes, mais quelle soif de culture ; d'anciennes demeures aristocratiques sont transformées en écoles primaires et l'université est offerte à tous.Malgré l'embargo, les Cubains ont préservé leur fierté et, annonciatrice d'une nouvelle aube que je pressens prochaine, la course au savoir est frénétique.
La doxa conservatrice et homophobe se dissoudra dans cet appétit de construction d'un monde à l'image de ce peuple en reconquête de lui-même.
Quels que soient les excès d'un régime fossilisé depuis trop longtemps il a su rendre aux cubains la fierté que l'occupation néo-coloniale des américains lui avait volée.
Les épiceries sont pauvres, mais partout, partout, des librairies ouvertes et fréquentés, des étals de libraires et en plein air ; et même si le portrait du Che et les ouvrages qui lui sont consacrés pullulent ad nauseam, le livre, en maître, règne partout.
Le musée des Beaux-Arts, étonnant témoignage de la prospérité d'autrefois est scrupuleusement entretenu dans les murs de l'ancien et somptueux cercle des galiciens, il regorge d'œuvres innombrables et capitales, de Memling à Sorolla.
Je n'ai pas osé trop voler leur image aux gens, mais eux m'ont volé de mon âme,
Il me vient une idée, comme une évidence, ce peuple est à l'image de sa musique, il vous enveloppe, vous séduit de toute cette gaîté doucement affichée masquant avec élégance les abîmes insondables d'un fond de tristesse, de nostalgie naturelles. Les regards ne trompent pas.
Voici quelques portraits d'atmosphère, communs peut-être, mais qui pour moi disent tellement.

Henri_Pierre__76_

Henri_Pierre__282_

Henri_Pierre__211_

Je te quitte La Havane, et, sur ce dernier crépuscule s'accroche une part de mon cœur que je te laisse pour un retour.

havane_thierry__109_

I cry for you La Habana.

Posté par Henri_Pierre à 00:21 - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

un merveilleux billet

Avec toi, j'ai rêvé ... (dans la grotte où nage la sirène) mais ne suis pas certaine que ce soit tout là-bas. Poète tu demeures.

Posté par Marie, lundi 9 novembre 2009 à 11:56

@ Marie : Je suis simplement un scribouillard malhabile conscient de la pauvreté de ses mots, Mais je ressens les choses avec violence et j'essaie de dire mes émotions. Comme je peux. Je t'embrasse ma Marie.

Posté par Henri-Pierre, lundi 9 novembre 2009 à 12:20

Les mots d'un poète

Quel beau texte, tu sais si bien rendre une ambiance, par les photos et par les mots..Et tu as compris bcp de choses en peu de temps....C'est-à-dire que ce que tu dis de Cuba me semble très juste : le blocus, la qualité de la médecine, la sympathie des latinos..Et aussi el machismo, qui fait que l'homophobie est vivace...(Marico était une insulte au Vénézuela...Mais ça évoluera plus vite que dans le monde dont je suis originaire..)
MERCI de nous offrir ces images, de nous faire partager ton voyage, et tes textes..GRACIAS, CHOKRAN, GRAZIE....Estrellita

Posté par Estrellita, lundi 9 novembre 2009 à 15:26

@ Estrellita : de nada, La chokran Allah ou'a jib, Prego...
Tu sais, les yeux un peu ouverts et le coeur aussi, on peut percevoir bien des choses en peu de temps.

Posté par Henri-Pierre, lundi 9 novembre 2009 à 15:31

par tes yeux

De mes hétéronymes, seul de Savalan pouvait tenter un commentaire. Il est d'ailleurs revenu un peu cabossé car, comme tu le lui avais promis, tu l'avais emmené dans ta valise et il a le dos cassé. Où sont donc les confortables malles de nos mères grands ?
Tu es présent, Henri-Pierre, dans chacun de tes mots et cette ville sourde par toi, lac humain de feu où tu te brûles. On la respire et on la hume, sa nonchalance semble t'avoir dévoré de son érotisme retenu. On sent que tu l'aimes et je crois qu'elle te le rend bien.
Je t'embrasse. Paul

Posté par Paul, lundi 9 novembre 2009 à 20:09

Scribouillard malhabile dis-tu ! j'aimerais bien savoir en faire autant ! Tout d'abord je devrais apprendre l'espagnol et puis tellement d'autres choses encore ... Maintenant si tu t'obstines dans cette affirmation réductrice, tu vas devoir tripatouiller ! Je t'embrasse.

Posté par Marie, lundi 9 novembre 2009 à 20:15

Eis éauton

Je crois que je vais être puissamment original en te disant que ton billet est magnifique, bel ami! Je ne connaîtrai jamais La Havane, comme bien d'autres lieux et bien d'autres gens, mais, vois-tu, ce que tu écris est tellement dense, vibrant et vivant, que je me dis que ce n'est pas bien grave et que tu m'as appris, le temps de quelques lectures attentives, l'essentiel de ce que je devais savoir. Ton regard est subjectif, me diras-tu, mais quelle vision pourrait, en toute honnêteté, prétendre le contraire? Mais je crois pouvoir dire que ta subjectivité a, ici, ceci de remarquable, c'est qu'elle n'est jamais partisane, alors que le sujet s'y prêterait aisément.
Bien loin des joliesses pour guides touristiques, ce que je lis dans ton récit, c'est un fascinant voyage intérieur qui s'est nourri de mille sensations du dehors, une déambulation où le contrepoint offert par l'extérieur a fait plus intensément miroiter les brûlures, les joies, les espoirs, les passions qui cheminent en toi. La Havane et toi vous êtes rejoints, vous êtes aimés, elle t'a révélé autant que tu la révèles ici, et je comprends que tu aies pleuré au moment de la quitter.

Posté par Jean-Christophe, lundi 9 novembre 2009 à 20:41

@ Paul de S : oui, Paul, je l'ai aimée cette ville, je suis comme un bovidé marqué au fer rouge par son souvenir. Mon dieu, ce que j'accumule les brûlures à jamais...

Posté par Henri-Pierre, mardi 10 novembre 2009 à 00:07

@ Marie :mais je compte bien continuer à triatouiller..., lol

Posté par Henri-Pierre, mardi 10 novembre 2009 à 00:08

@ Jean-Christophe : Et pourquoi n'y irais-tu jamais ? Je t'y ai amené en songe, pourquoi pas un jour "pour de vrai" ?
Je veus re-pleurer pour cette ville.
Merci de si bien comprendre.

Posté par Henri-Pierre, mardi 10 novembre 2009 à 00:11

En voilà un hommage à la hauteur de ce qu'est cette île, magnifique, respectueuse et langoureuse...

Je m'y suis imaginé à nouveau, flânant dans les ruelles de La Havane, nonchalamment, sans but ni notion du temps...

Merci pour ce voyage, certes virtuel, mais à quel point bienvenu pour moi qui suis en recherche d'optimisme!

Posté par V, mardi 10 novembre 2009 à 19:17

@ V : Je suis heureux que tu t'y sois retrouvé.
Tu la retrouveras aussi, cette île.
Et je te souhaite la bienvenue en ces lieux.

Posté par Henri-Pierre, mardi 10 novembre 2009 à 22:21

carta de cuba

Recuerdos de sueños cubanos

Sueños son los viajes tan profundos
Recuerdos del pasado
Pasados tan presentes

Saber y juventud
Ambos colocados en palacetes
Llenos de promesas

Casas y palacios
Arruinados por lluvias tropicales
Llenos de vida

Bajo el yugo
Honrados ojos negros
Llenos de porvenir

Del ruido de la calle
De la mirada de estos chavales tan guapos
Del olor del puro

Que te quedara Amigo ?

Todo Compañero, todo
Porque estos viajes son sueños
Y los sueños siempre permanecen !

Abrazos a Quiqué

Posté par viane, mercredi 11 novembre 2009 à 13:39

Cuba si

Comme c'est étrange - mais c'est si doux - quand nous ne nous retrouvons pas à Marrakech c'est à La Havane que nous nous rejoignons.
Comment te dire ? Ajouter quoi que ce soit à tes lignes me semble tellement hors de propos... Peur de troubler l'atmosphère, un peu comme ces ronds qui font frémir la surface de l'eau. Tu as tout dit, et si bien, si généreusement !
Je garde en tête les rythmes cubains. Je les fredonne souvent. Dois-je l'avouer, les portraits du Che, dans leur indécente profusion, me ravissaient. Etait-ce le beau garçon ou le révolutionnaire ? Va pour le beau garçon ! Mais comme je suis beaucoup moins sage que toi, imagine, le beau révolutionnaire... ;-) Je ne voyais que ce seul aspect des choses, j'avais dix-neuf ans et je voulais changer le monde à moi seule. Je le veux toujours, mais...
Pour ce que tu nous offres ici à recevoir en cadeau, pour ce don magnifique, merci, merci infiniment.

Posté par Ghislaine, mercredi 11 novembre 2009 à 14:19

@ Viane : Eh bien je n'ai pas fini de découvrir tes multiples facettes !
Poète, maintenant, et en espagnol de surcroit...
Muchas gracias por esa joya incluida en mi pagina.
Menos mal que permanecen los sueños, sobre todo apoyados sobre un viaje con tan dulces compañeros.

Posté par Henri-Pierre, mercredi 11 novembre 2009 à 14:58

@ Ghislaine : Je ne savais pas, charmante aventurière que tes pas aussi avaient parcouru cette ville.
El Che, oui, beau gosse certainement mais qui s'emâta terriblement, révolutionnaire romantique, certes, mais qui sombra dans la paranoïa et la cruauté. Sic transit gloria mundi. Les beaux gosses révolutionnaires romantiques ne devraient pas dépasser les 25 ans...
Volveremos a La Habana

Posté par Henri-Pierre, mercredi 11 novembre 2009 à 15:02

Historia y historia.

Buenas tardes carino, como dicen los Cubanos... J'ai lu avec beaucoup d'attention ton billet et visionné tes photos où on retrouvait de cette sensualité languissante propre aux Cubains qui sont de toute beauté. Ils sont superbes, comme dans des romans de Lawrence. Tu as dû recevoir, je n'en doute point quelques propositions en mariage... No ? Et cette photo de ces glaces si réputées à la Havane que l'on retrouve dans un film qui parle d'homosexualité et dont je ne me souviens pas du titre mais que tu dois sans doute remettre à ton esprit. J'en ai mangé quelques unes en pensant à cet homo, emprisonné dans son quotidien dans le système castristre. Car Castro ne rime pas trop avec libertés individuelles ! Bref, je me souviens aussi du musée des arts décoratifs et d'une guide telle une actrice de cinéma fatiguée mais toujours séductrice, avec un français très classe. Y est-elle toujours ? Elle est un personnage de cinéma, cette grande dame si connaisseuse des arts décoratifs. Je pourrais faire un je me souviens à la Perec à la lecture émue de ton billet. Je parle de Cuba dans l'un de mes deux livres : je ne me souviens plus lequel, c'était un été, je ne m'y suis pas senti bien. Je m'étais senti oppressé, forcé à quitter les capitales pour trouver de la tranquillité sans une sollicitation permanente du sexe. Car les Cubains ne se privent pas de sexe et les as-tu entendu prononcer l'expression : "tener sexo " ? Lorsqu'on se perd à marcher sur le Malecon ! Remarque, ils n'ont pas tort ! Cuba m'avait épuisé mais je devais y avoir atterri épuisé moralement aussi. Je me souviens de professeurs bienveillants et si patients avec nous autres étudiants sur le retour. D'excellents médecins aussi mais qui n'avaient pas d'infrastructures adéquates ni de matériel, ni de chimie. J'y avais passé un été, j'étais angoissé à la Havane. Heureusement, en partant à Vinales au milieu des champs et des chevaux, ça a été. C'était superbe et les êtres encore plus beaux dans leurs gestes du quotidien, encore plus sensuels, encore plus excitants dans leur force brutale et parfois primaire. Une virilité fruste, loin de me déplaire ! Dis-moi si tu écris encore sur Cuba car tu m'as conquis en ton billet et malgré tout tu m'as remis dans cette ambiance des étés chauds à Cuba où après les orages tropicaux, on suffoque moins quand même. Les chauffeurs des "cocotaxis" sont de sacrés filous ! Moi, tu sais, je montais dans les taxis bondés de Cubains pour aller à l'université. Étant très brun et les yeux noirs, je faisais couleur locale, il me manquait ce petit "che" dans la voz. Merci pour ton article qui vraiment m'a touché et je te remercie de m'informer de la suite du voyage. Carino, ( je n'utiliserai pas des autres apostrophes utilisées par les Cubaines femmes qui raffolent des Français... ) pour ne pas heurter tes lecteurs), ven a verme cuando quieras, ya lo sabes. Tu granuja. Besitos a mi Kike.

Posté par Chris-Tian Vidal, mercredi 11 novembre 2009 à 16:44

Sublime reportage. Il n'y a pas d'autres mots. Des photos au texte,on s'enlise dans ton(votre)voyage et l'on rêve d'être un auteur alcoolique, tragique et merveilleux en train de créer une œuvre majeure.

Merci Henri-Pierre et à bientôt,

Michel

Posté par giliberti Michel, mercredi 11 novembre 2009 à 21:42

@ Michel : je ne crois pas que ce mélange de procrastination et de velléité qui est le mien fasse que je produise un jour une oeuvre majeure.
Mais des mojitos, ça oui, j'en ai beaucoup bu...
Merci, mon cher Michel, de ton passage.

Posté par Henri-Pierre, mercredi 11 novembre 2009 à 21:51

quand on se dit "scribouillard" et qu'on ne l'est pas, évidemment, "malhabile" quand c'est tout l'opposé, ainsi merveilleux narrateur, séduisant conteur, malin esprit qui avec rien séduit et la Havane en bagage, ensorcèle, Henri-Pierre.

Posté par patrick, jeudi 12 novembre 2009 à 07:02

@ Tien-Tian : Tu sais, il y a eu un sacré travail de "régulation" tant en ce qui concerne les offres de "prestations personnelles" que dans les exigences de taxis. Le pays s'ouvre au tourisme...
Besos nene

Posté par Henri-Pierre, jeudi 12 novembre 2009 à 08:09

@ Patrick : Et pourtant, cher Patrick, j'aurai voulu tant mieux dire ! merci de ta bienveillance et de ta fidélité.

Posté par Henri-Pierre, jeudi 12 novembre 2009 à 08:13

tu sais

prendre
adopter
t'imprégner
voir
regarder
sentir
re-sentir
et donner
je t'embrasse

Posté par jeanne, samedi 14 novembre 2009 à 11:43

J'ai écrit ce texte qui ressent La Havane sans jamais y avoir mis les yeux ou les pieds. Étais-je dans le vrai ou ne suis-je qu'un fieffé affabulateur... :)

Posté par Nicolas Bleusher, dimanche 15 novembre 2009 à 18:37

Avec le lien, c'est mieux : http://nicolasbleusher.wordpress.com/2009/04/05/martini-rose/ :)

Posté par Nicolas Bleusher, lundi 16 novembre 2009 à 10:02

@ Nicolas B : bon, eh bien on rétablit le lien ;-)

Posté par Henri-Pierre, lundi 16 novembre 2009 à 15:47

Je vous avais perdu... mon ordinateur aussi... aisi que mon appareil photo et puis ma tête peut être...Vous avez oublié la Danse... vous!

Posté par laurence, lundi 23 novembre 2009 à 17:03

@ Laurence : Merci de m'avoir retrouvé ; cet été a été mouvementé mais la rentrée étant là, je me serais rappelé à vous.
Je n'ai pas oublié la danse, je n'en ai pas vu, le théâtre ne donnait qu'une horrible opérette "la cour de pharaon" que nous n'avons pas eu le courage d'affronter jusqu'au bout,nous nous sommes éclipsés au premier entr'acte...
Mais je retournerai là-bas.

Posté par Henri-Pierre, lundi 23 novembre 2009 à 18:28

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=87233&pid=15710989

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :