jeudi 28 mai 2009
Tu aimais les fleurs
Tu aimais les fleurs Henriette.
Lors de la célébration religieuse ta fille Colette, ma sœur, a bien dit que sous tes doigts le moindre brin d'herbe devenait espoir d'une rose.
Si dans ton appartement et ton balcon, ta jungle dépossédée s'étiole, les fleurs, innombrables, sont venues masquer pour un temps la scandaleuse froideur de la terre qui t'ensevelit désormais.
L'amour que tu as semé t'a été rendu en des milliers de pétales qui au-delà de leur flétrissure et de leur propre mort continueront à clamer le vide irrémédiable que tu as laissé ; j'en veux pour témoin l'éternel cri muet de ce coq si près de ton lit végétal.
J'ai froid maman, froid de toi ; nous tous tes enfants, et Paul le si fidèle, et tous les innombrables parents et amis qui ont eu le privilège de s'émerveiller de la beauté restée intacte de ton sourire et des paysages contrastés de tes yeux d'océan sommes désorientés par la perte de ton sillage.
Tout est douleur, Henriette, parce que tout parle de toi, la ténuité pure de ce dernier arc-en-ciel, comme l'embrasement de ma dernière nuit Bordelaise et les mille lucioles que la ville, à nos pieds, avait allumées pour toi.
Abandonné sur ta table de chevet, ton téléphone est là qui me vrille le cœur, tu n'as jamais été très douée pour les nouvelles technologies et l'objet est posé sur le répertoire papier où, d'une écriture devenue maladroite, tu avais écrit les numéros de ton quotidien.
De retour à Paris je t'ai appelée, uniquement pour te dire sur cette messagerie de l'inutile que tu ne pourras plus écouter, combien je t'aime.
Commentaires
sèche tes larmes
Reprends courage, nous sommes tous là autour de toi.
comme ça
Les mots que je t' écris sur l' instant, Henri-Pierre, ne sauraient sans doute appaiser ta douleur. Toutefois, je les laisse couler naturellement, en forme de clin d' oeil amical.
Bises à tous deux
Touché
Touché en plein coeur par ce dernier billet. Je crois comprendre par quoi tu passes même si je ne me reconnais pas dans ce lien extraordinaire à ta mère. J'aimerais mais hélas non... Sois heureux d'avoir connu cette qualité d'amour-là. Cet amour que vous aviez entre vous lui survit. Et le mien, même s'il ne peut pas se substituer à celui de ta maman, vibre à chaque instant pour la belle personne que tu es. Ton guenfoud pense à toi, avec coeur et attention.
Rien ne s'arrête
Il est terriblement difficile d'ajouter quoi que ce soit à tes mots, mon ami, parce que la douloureuse douceur qu'ils dégagent laisse désarmé. Il y a, dans ce billet plein de pudeur, autant de murmures que de hurlements, quelque chose qui, à titre personnel, me vrille à chaque relecture. Alors je me sens tout con avec mes pauvres mots impuissants à mettre un peu de baume sur ta douleur.
Mais je veux juste te redire que je suis là et que je chemine avec toi sur ce chemin de larmes. Sois vivant malgré tout, parce que vivre, c'est prolonger le souffle de ceux qui l'ont perdu.
Vis
Vis, Henri-Pierre, vis, pour elle, pour cette maman précieuse que tu aimes si fort. C'est l'ultime et le plus beau cadeau que tu puisses lui faire.
Vis pour nous qui t'aimons, parce que la vie, si douloureuse puisse-t-elle être, est aussi si belle.
Vis parce que nous sommes là, à tes côtés.
Et parce que les mots sont vains et que cela, je le sais, je ne peux, moi-même tout juste sortie de ma propre souffrance, que t'embrasser avec toute ma tendresse et ma profonde affection.
Et je suis là. Aussi.
henry,
Parce que les mots me manquent et qu'ils sont souvent dérisoires, je t'embrasse très fort et te fais un énorme sourire de mes 32 grandes dents, histoire peut être de t'apporter un peu de chaleur pour que tu aies moins froid.
Juste un mot.... l'amour demeure !! et je t'en envoie autant qu'il t'en faut :)
Je t'embrasse doux et je pense à toi.
Il y a mon Kike, dans cette dernière photo beaucoup d'émotion : ce gel contre les douleurs des poids des ans et puis, ton numéro, ce Kike, à joindre, ce garçon, toi, précieux de la vie de cette dame, ta maman, son Kike à elle, son enfant. Et dans cette absence, nous, tes amis, nous sommes là et je sais que tu continueras le dialogue par-delà tout, avec Henriette. Te dire que nous sommes là. Et je t'embrasse et je t'enserre fort dans mes bras et je te demande de prendre soin de toi et nous veillerons à prendre soin de toi, à te dire que nous sommes là, à te dire que nous t'aimons car tu nous es précieux. Et précieux de ta mère, nous t'enveloppons de notre affection, Henri. Avec mon infinie tendresse pour toi, Henri-Pierre. Christian, ton ami.
cher toi
je pense à toi
à ta peine que je peux partager
mais partage -t-on ?
je suis là
en tendresse
Je comprends le message.... pas si inutile;.... le sens .... t'aime, t'aimons....ne l'oublie pas !!!
@ Louise : Je n'ai jamais douté une seule seconde que tu me comprendrais.
Comment oublier tant d'affection partagée ?
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