vendredi 25 avril 2008
Eclipse ?
Éclipse n'est pas oubli...
Non, mes si chers, mes fidèles, tous ces derniers temps mon esprit et mon cœur, sans cesse modulaient les mots et les phrases que j'avais tellement envie de vous offrir mais qu'un agenda pléthorique, m'éloignant du clavier, en rendait l'expression impossible.
Voyez quelques-uns des coupables qui m'ont momentanément tenu éloigné de vous.
Leur en tiendriez-vous rigueur ?
Je prends leur défense, les joies intenses qu'ils m'ont apportées sont ces richesses inestimables qui, donnant des couleurs à mon temps, diapreront de lumière les chemins que mes écrits proposent à vos promenades en mon domaine.
Ils m'ont soustrait à vous pour mieux me rendre à votre bienveillant intérêt.
Les voici, nous voici.
Je les ai quittés, après la soutenance de leur mémoire en ce début d'après-midi ; leurs facéties et leur implication, leur tendresse friponne, leurs ignorances et leur avidité de savoir éclairent ces débuts d'itinéraire que je leur voudrais si accompli.
Ah, si la réalité économique et le contexte social étaient à la mesure de leurs attentes et de leurs ardeurs !
Le monde serait, j'en suis certain, justifié tellement ils sont réconciliants.
Bonne chance mes chers étudiants, soyez les jalons d'une marche vers le mieux, que ce que nous vous offrons, vous offrirons, soit à la hauteur de ce que votre jeune enthousiasme est en droit d'exiger de la vie.
Soyez au moins sûr que si mon modeste enseignement avait tant soit peu contribué à affirmer vos pas j'en tirerais justification et fierté.
Charmes, ce dernier week-end, hésitait entre ondées et soleil, l'objectif de Julien a su capter avec sensibilité ces sombres fulgurances que n'aurait pas désavouées Ruysdael.
Les arbres dressaient leurs haubans et la Haute-Marne nous jouait la comédie d'une marine ; abusé, le ciel se noyait dans les eaux de la source.
En ce printemps frileux, la tendresse des fleurs du verger chantaient un air de promesses qui rendaient incongrus les piquants des chardons de l'an dernier qui, pour se consoler, tentaient un flirt avec les barbelés.
Les renoncules d'eau, déjà mourants, disaient que malgré la fraîcheur de l'air, le printemps, inexorablement, continuait sa progression.
Ainsi le temps de nos attentes et de nos déceptions aussi bien que de nos joies continue, opiniâtre, à tisser sa toile. Araignée de nos jours, que nous réserve le fil inexorable et ténu que ta laborieuse attente dissimule sous les leurres les plus séduisants ? Es-tu Parque ou Chronos ?
Ou les deux ...
Dans trois heures je m'envole vers Marrakech, ses zelliges et ses poussières, ses fontaines et ses cornes de gazelle.
Ainsi jusqu'au 9 mai je serai moins assidu.
Mais de mon cyber-aquarium, au pied de la Koutoubia, je viendrai vous dire que "loin" n'existe pas.
P.S. Les photos de Charmes (non, non, pas les photos de charme, ne rêvez pas) qui illustrent ce billet sont dues à Julien et Jean-Christophe que je remercie.
Commentaires
Happy few
Cher voyageur,
Je ne sais si tes étudiants ont mesuré la chance qu'ils ont eu de côtoyer, quelques jours durant, un homme pétri des qualités que, tous, nous soulignons ici, mais j'espère qu'ils ont su, au moins, profiter du sentiment d'éternelle jeunesse que tu dégages.
Alors que le printemps à Charmes perçait entre deux célestes sanglots, la chaleur de ta voix et de ta présence ont été une bénédiction, et je veux écrire ici, sans flagornerie aucune, que c'est une chance de te connaître et de pouvoir mettre, même quelques courts moments, ses pas dans les tiens. Je crois qu'au moment du grand départ, quel que soit celui de nous deux qui le fasse en premier, c'est ton rire qui d'abord me manquera. Il transporte tant de désir de vivre et d'imperceptibles fêlures que je n'imagine pas un instant que la Parque vorace puisse un jour l'éteindre.
Que ton séjour à Marrakech te soit suave et serein. Je suis certain que quelques éclats de rire traverseront les airs pour venir parler de toi à ceux qui restent ici.
« Ah, si la réalité économique et le contexte social étaient à la mesure de leurs attentes et de leurs ardeurs ! »
Comme j'aimerais encore y croire...
Ils ont bien de la chance ces étudiants,de t'avoir comme prof!
Bon séjour dans ton lieux de rêves.
Bisous.
bon bon
j'accepte ton excuse....
je t'embrasse
fort toi
bon séjour au soleil
à bientôt
Pars
Et surtout, Henri, ne te retourne pas.
Va arpenter Marrakech ou ce qu'il en reste, à force de la dénaturer à coups de devises.
Elle se souviendra de tes pas dans les siens.
je suis d'accord avec cristina !!! ces édutiants on de la chance de t'avoir car tu leur enseigne tes passions chose rare aujourd'hui et ça ils le ressentent c'est le vrai partage !!! amitiés phil
;)
Toujours un plaisir de te suivre !
Et ... Charmeur avec ça !
neuf étudiants
Aurais-tu un permis de transport en commun ? ;-))
Bon voyage, mon ami !
@ tous : c'est surtout moi qui ai de la chance d'avoir de tels étudiants, ils sont ce qui me reste de jeunesse, ils me justifient.
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